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Débat public: l'irruption des blogs et des médias en ligne, l'accès à l'expertiseUn article de Démocratie en réseaux.Ajoutez vos remarques, questionnements, retours d'expérience et ressources en ligne sur les rubriques du programme, vos contributions nourriront le programme et enrichiront les échanges. Accédez aux thématiques via le programme ou directement via le menu latéral.
Le rôle des TIC pour la capacitation citoyenneLes techniques de l'information et de la communication ont permis une immense démultiplication de l'expression publique (par exemple les millions de blogs), des activités créatives (y compris le simple partage de ce que l'on aime avec d'autres) et des projets de toute sorte. Les activités qui sont directement de nature politique ou sociale ne sont qu'une petite partie de ce grand ensemble. Lorsque nous essayons de comprendre le rôle des TIC dans la construction de nouvelles capacités chez tout un chacun, il faut regarder large. Avant tout, ces techniques sont importantes parce qu'elles ouvrent de nouvelles dimensions de l'agir. On peut, avec des efforts assez minimes commencer à développer des activités qui autrefois étaient réservées à des spécialistes. Ceux qui commencent à se servir des TIC dans le cours de leurs projets les voient comme des outils, et éprouvent souvent une certaine frustration à ce que ces outils ne fassent pas ce qu'ils voudraient, ou soient trop nombreux (lequel choisir?). Cette frustration est en réalité un moment de la construction de nouvelles capacités ... à conditions que l'on franchisse une étape essentielle : ne plus dire "leur logiciel", "leur site", "leur système". Un passage peut se faire à une attitude plus réflexive : comment puis-je mieux me servir de cet outil ? Pourquoi tous ces outils différents existent-ils ? Qui les a fait ? Leurs fonctionnalités sont-elles faites pour servir des buts ou pour assurer un pouvoir ou un profit d'un fournisseur (les deux hypothèses n'étant pas toujours exclusives l'une de l'autre) ? Que puis-je contribuer moi-même au devenir d'un outil ? Comment voudrais-je qu'il fonctionne ? L'une des grandes difficultés de la construction d'une culture numérique est qu'il faut en permanence arbitrer entre réfléchir et agir sur les outils, et s'en servir pour des buts. Tout simplement parce qu'en réalité, les logiciels, les systèmes, les services Web ne sont pas des outils. Ils sont bien plus que cela : ils sont des pensées, des processus sociaux, des visions du monde potentielles traduites en opérations. L'une des questions essentielles pour la création de nouvelles capacités est celle de l'articulation de l'individuel et du collectif. Comme les logiciels ou les systèmes sont des pensées en acte, il y a une dimension individuelle irréductible, essentielle pour s'en approprier l'usage. Cet usage est très personnel, presque intime. Pourtant, dès que l'on entre dans des projets (s'adresser à un public, préparer à plusieurs un événement, écrire ou commenter un texte, coordonner une action militante) on est dans le registre du collectif. Il va donc y avoir une collision entre nos pratiques personnelles et le besoin d'une synchronisation, d'une organisation collective. Le monde des logiciels et des contenus libres, des médias collaboratifs a inventé de nombreuses façon de résoudre cette tension de l'individuel et du collectif, d'organiser des rôles qui laissent une liberté aux individus tout en permettant une efficacité collective. Souvent, dans un projet donné, ces rôles sont "inégaux : par exemple, il y aura un petit groupe de rédacteurs qui peuvent écrire ou modifier un texte, d'autres qui peuvent le commenter, d'autre encore qui analysent ces commentaires. La nature même des commentaires pourra aller de la correction d'une faute de frappe à une interrogation sur les présupposés d'ensemble du texte en passant par une suggestion de reformulation d'un paragraphe. Mais ces rôles ne sont pas des statuts fixes pour l'individu qui l'enfermeraient dans une "fonction". Suivant les contextes, il occupera un statut ou un autre. La nature des collectifs qui se constituent dans ces pratiques informationnelles ne ressemble pas à celle des collectifs organisés associatifs, syndicaux ou politiques. Là aussi, il y a une tension entre deux registres très différents. L'intérêt de projets comme celui du site Projets Citoyens est de permettre une exploration, un travail pour mettre en rapport l'univers des organisations classiques et celui des communautés informationnelles.
Compte rendu de l'atelierCompte-rendu réalisé par des étudiants de la Licence professionnelle Communication du secteur associatif de Paris 12. Les conditions de développement du débat public sont travaillées par des nouvelles formes d'écriture en ligne. La vivacité du débat public s'appuie sur l'envie de participation des citoyens et se développe grâce à la force de proposition qu'ils constituent. L'animateur est Stéphane VINCENT, Directeur du projet "la 27e Région", concept qu’il a suggéré dans l’ouvrage collectif "Le défi numérique, réinventer l’action publique" coordonné par ses soins (mars 2007). Avant d'engager la discussion, les différents intervenants se présentent : - Dorothée BROWAEYS, elle participe au lancement de la revue électronique « Vivant » et de l’association « Vivagora » qui a pour objectif de développer une « démocratie participative » et de promouvoir une culture de débat sur les questions scientifiques et techniques. - Céline BRAILLON et Bruno LESTIENNE (ADELS). L‘ADELS est un lieu d’échange et de propositions pour le développement de la démocratie locale. - Nordine NABILI, directeur de l’agence Proxiprod et rédacteur en chef du Bondy Blog. - Olivier BLONDEAU, sociologue, étudie les usages de l’Internet et plus précisément, les usages politiques et militants du réseau. Ses recherches ont pour thèmes : "Art, technique et politique", "Logiciel libre et propriété intellectuelle", et "Médias mobiles libres". - John Paul LEPERS, directeur de l’Information de La «TéléLibre », télévision citoyenne sur internet. - Christophe GREBERT, animateur du site "webcitoyen", qui vise à défendre le droit d'expression et à favoriser l'émergence du débat public dans les villes françaises.
Ce compte rendu est constitué de trois parties qui mettent en exergue les trois principales étapes du débat : Les enjeux de la démocratie participative, les dysfonctionnements actuels, et les outils pour l’avenir de cette démocratie. 1- Les enjeux de la démocratie participative Selon Cécile Braillon (ADELS), la loi 2002 sur les conseils de quartiers a donné un coup de fouet à la démocratie participative. Cependant, ces conseils ne sont pas représentatifs de la population qu’ils représentent. Effectivement ils sont très peu composés de jeunes, entre autre. La démocratie participative recouvre selon elle par deux notions : le débat public et le développement des initiatives. L’enjeu de cette démocratie participative est l’intérêt commun, en référence au bien commun public, c'est-à-dire la prise en compte de trois facteurs : l’écologie, le social et l’économique. Les nouvelles technologies concourent pour une bonne part à cet enjeu de démocratie participative. 2- Les dysfonctionnements actuels en France Stéphane Vincent, s’interroge sur l’arrivée tardive de ce principe de démocratie participative en France.John Paul Lepers (Télélibre) précise qu’en France nous avons une tradition associative qui ne se retrouve pas ailleurs en Europe et que « nous avons du mal à faire de la démocratie tout court ». Démocratie, sous-entendue ici par la pratique démocrate dans l’espace public. Il illustre cela par la non-attribution d’un budget aux conseils de quartiers qui leur permettrait d’appliquer eux-même leurs décisions d’une manière autonome, et par là même, sortir du pouvoir simplement consultatif qui leur a été attribué. Un « budget participatif » doit leur être attribué, comme cela a pu se faire dans d’autres pays. Il cite également, à titre d’exemple, la mauvaise pratique participative du débat public à la télévision pendant les élections présidentielles de 2007. Bruno Lestienne (ADELS) remarque à ce sujet que les élus restent encore « frileux » sur ces dimensions concrètes de la démocratie participative. Nordine Nabili (Bondyblog), rapproche le débat avec l’expérience qu’il a mené avec le Bondyblog, il remarque à ce sujet que « les jeunes n’existent pas aujourd’hui dans l’espace public ». Cet espace public est d’ailleurs totalement « investi par les politiques et les médias » qui forment une élite, communiquant « à coup de communiqués de presse » et fonctionnant en vase clos. Il remarque également qu’en France, il existe une classe « conservatrice et vieille », que nous n’avons pas encore la culture qu’il faut pour accepter de faire passer l’information locale sans se soucier de la couleur politique. Dorothée Browaeys (Vivagora) précise que dans les débats de société tel que celui des OGM, des nanotechnologies… les débats sont complexes, peu adaptés au grand public et qu’ils se tiennent d’experts à experts, d’où un manque d’implication du citoyen sur ces thèmes. Elle compare cela à une « technostructure qui pilote et où le citoyen n’a rien à dire ». Pour qu’il y ai implication et respect, il faut sortir des opérations « one shoot » (ex : Grenelle de l’environnement) et devenir durable. Les enjeux sont si importants qu’il faut développer une véritable « militance » de manière à « provoquer un débat public ». Aujourd’hui, on ne permet pas au citoyen d’accéder aux débats relatifs aux questions les plus graves qui vont conditionner notre avenir. 3- Internet : un tremplin pour la démocratie participative Olivier Blondeau précise que l’expérience de « Bondy blog » n’est pas reconnue dans l’espace public. Cependant, l’Internet amènera de nouvelles formes d’expression tels l’accès libre à la production et à la diffusion de vidéos, les billets de blog et les commentaires qui construisent l’opinion, la convergence de l’Internet et de la téléphonie mobile. Il insiste sur le fait que des citoyens arrivent malgré tout à intervenir sur l’espace public, arrivent à s’y exprimer et même à peser dans les débats. Il cite également la syndication (flux RSS), qui serait une piste à suivre pour les associations, car elle leur permettrait de garder leur singularité tout en communiquant à un large public. Pour John Paul Lepers, la télévision connaît un formatage important qui écrase le journaliste et l’internet permet aujourd’hui de « déformater » ce milieu. Internet permet au journaliste de s’affranchir des contraintes qui pèsent sur son travail (ex : temps de parole) et de rendre ce milieu plus accessible à des non-professionnels. Cependant, John Paul Lepers nuance son propos en précisant que le journalisme, même affranchi, doit conserver ses règles éthiques et être encadré par des professionnels aguerris. Christophe Grébert (Monputeaux.com, Webcitoyen) insiste sur le fait qu’au niveau local, l’internet permet au citoyen de susciter le débat et de casser le monopole du journal municipal au service du maire : il permet au citoyen de devenir influent. A ce sujet, son blog d’information local ((Monputeaux.com), qui fonctionne en parallèle du journal du maire, est devenu un journal de référence à Puteaux. Cette expérience l’a poussé à approfondir et à créer une véritable « démocratie de proximité » en mettant en place un programme et une liste électorale répondant à une véritable demande citoyenne. Ce qui démontre bien, selon Christophe Grébert « qu’une personne dans son coin peut rassembler une communauté et produire une liste et un programme »
Philippe Villette dit ...<comments hideform="false"></comments> |

L'iiruption de blogs de citoyens devraient "réveiller" certaines collectivités qui considèrent que le débat public doit s'exercer au sein du conseil municipal qui seul a la légitimité pour ce faire. Si elles ne prennent pas conscience de cela et ne s'engagent pas dans une politique de co-construction, elles risquent de se faire déposséder de la relation avec le citoyen. Cete dernière pourrait être phagocytée par des blogs dont on ne connait pas toujours la représentativité et la légitimité à intervenir.
--Philippe Villette 24 octobre 2008 à 09:58 (CEST)